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CATALOGUE 2008 PROMOTIONS
Une vingtaine d’entreprises québécoises oeuvrant dans le secteur de l’habitation s’apprêtent à développer leurs liens d’affaires en France au Salon Maison Bois qui se tiendra à Angers, du 1er au 4 octobre. La plupart des participants sont des constructeurs de maisons préfabriquées qui exportent déjà vers l’Hexagone.
« En France, seulement 5 % des maisons sont en bois, dit Guy Lemieux, conseiller principal à la SCHL International, une division de la Société canadienne d’hypothèques et de logement. L’objectif des entreprises québécoises déjà présentes sur ce marché est de tripler cette proportion. C’est tout à fait réaliste, puisque de plus en plus les Français se prennent d’engouement pour les maisons en bois. Et les artisans locaux ne suffisent plus à la demande ».
Les entreprises québécoises sont parmi les premières dans le monde à avoir automatisé la construction de maisons. Cela leur confère un avantage concurrentiel important, qui se reflète sur le prix. « Nos processus de production sont industrialisée et de moins en moins de composants de maison seront fabriqués sur place au profit de l’usinage », indique M Lemieux.
L’esprit d’innovation vient aussi des investissements faits en R-D pour contrer les effets du climat. Les hivers québécois, les crises énergétiques et la nécessité de développer des technologies de gestion de l’air ont favorisé l’émergence d’un savoir-faire indéniable. Seuls les pays scandinaves en ont fait autant, mais le prix de leurs maisons est beaucoup plus élevé que celui des habitations québécoises.
Dans sa conception telle qu’elle a été imaginée sur son continent d’origine, la maison en kit est livrée en conteneur, sous forme d’éléments prêts à être assemblés. En quelques jours, les habitants s’y installent. Électricité, sanitaire, cuisine : tout est disponible dans le kit. «Ce système fonctionne toutefois seulement si le client accepte le modèle tel qu’il figure sur catalogue», explique Bernard Auberson, à l’unisson de tous ses confrères ou concurrents. Les Suisses s’y tiennent rarement, qui veulent «personnaliser» leur demeure, ajouter ici une ouverture, déplacer là une cloison, changer de porte ou d’escalier, adopter des fenêtres à battants plutôt qu’à guillotine, etc.
En revanche, les marchés des pays émergents d’Europe de l’Est et d’Amérique du Sud sont plus fragiles. Pour les consommateurs de ces pays, le coût est le premier critère. Difficile de justifier les prix élevés par la qualité, même si celle-ci en vaut la peine, notamment pour ce qui est des économies d’énergie. « Depuis trois ans, nous encourageons les entreprises à viser les marchés matures », dit M. Lemieux.
Laurier Dechêne, président de Modulex, exporte dans 22 pays, dont la France, où il compte 27 distributeurs. Il sera au Salon en octobre, pour la cinquième fois. « C’est une manière très utile d’avoir accès aux consommateurs et de tâter le pouls du marché, explique-t-il. Nous retrouvons aussi tous nos distributeurs, c’est un point de rencontre annuel. »
M. Dechêne admet que le marché de l’exportation peut réserver de mauvaises surprises. Les fluctuations de devises, les changements politiques brusques et l’adoption de nouvelles lois protectionnistes représentent des inquiétudes permanentes. « Nous exportions en Israël depuis plusieurs années lorsque le gouvernement a imposé une taxe sur l’exportation des biens de luxe, dit-il. Les maisons préfabriquées ont été incluses dans cette catégorie, et le marché a chuté. Du jour au lendemain, il en coûtait 60 % plus cher d’acheter notre produit ».
Jean-Pierre Fontaine, responsable du développement international d’Unifix, abonde dans le même sens : l’exportation dans le domaine de l’habitation peut comporter certains pièges. Il sera d’ailleurs à Angers pour chercher un nouveau distributeur. « Le nôtre ne va pas très bien, confie-t-il. Je vais donc passer à Paris pour rencontrer d’autres partenaires potentiels ». Unifix vend des panneaux de béton utilisés pour la maison extérieure ou pour les salles de bain, notamment dans les pays scandinaves. « Seulement 6 % de nos ventes sont réalisées en Europe, bien que nous soyons présents dans 12 pays », dit-il.
Pour Panexpert, la solution retenue a été de s’associer à un distributeur titulaire de l’homologation française. « Le problème pour percer des marchés comme la France est le protectionnisme, estime le président Daniel Tourangeau. Les artisans qui construisent des maisons en bois ne nous voient pas d’un bon œil. Mais peu à peu, les magazines de décoration acceptent de parler de nos produits et le consommateur découvre la rapidité de nos livraisons et nos prix très concurrentiels ». En dépit de l’investissement et du temps consacré au marché français, Panexpert vend seulement une trentaine de maisons par an. « Tout de même, je crois qu’il y a là-bas un potentiel », dit le président.
Le jeu en vaut-il la chandelle? « Oui, selon M. Lemieux, de la SCHL International. Le problème n’est pas le protectionnisme, mais la fragmentation de l’industrie québécoise, dit-il. Ici, il n’y a pas d’entreprises capables de livrer des milliers de logements en une année, ce qui est le cas en Grande-Bretagne et aux États-Unis ». La capacité de production est donc diluée. « Il faudrait que les compétiteurs sur les marchés locaux deviennent des partenaires sur les marchés extérieurs, dit-il. Ce qui sous-entend le partage de l’information et des coûts ainsi qu’une diversification du risque ».
Marc-André Dumont
Le nombre de ménages passera de 105 M en 2000 à 117 M en 2010, 69 % des Américains étaient propriétaires. La population devrait augmenter de 22 % (60 M) au cours des 20 prochaines années. La région de Boston représente l’un des marchés les plus importants pour les exportateurs canadiens de produits et services de construction résidentielle. Les produits canadiens sont reconnus par le Américains pour leur qualité et pour leurs prix abordables. Chaque État doit être considéré comme un marché unique afin de tenir compte des habitudes des consommateurs et de la concurrence, deux éléments qui varient grandement.
Le nombre de constructions est passé de 500 000 en 1998 à 300 000 en 2002. Mais le secteur de la construction résidentielle est tout de même considéré comme vigoureux. On trouve 35 entreprises proposant des maisons préfabriquées sur le marché allemand. Les Allemands favorisent la qualité avant le prix. Les entreprises canadiennes doivent donc mettre en valeur l’innovation, l’exclusivité des produits et la grande qualité des matériaux utilisés. Le secteur des matériaux de construction est très compétitif. La clientèle allemande recherche la valeur ajoutée et des matériaux de bois finis de grande qualité.
Sur les 25,5 millions de logements qu’on trouve en Grande-Bretagne, 41 % ont été bâtis il y a plus de 60 ans. Le secteur de la rénovation résidentielle vaut 37,5 milliards de dollars par an. Pour stabiliser les prix et équilibrer l’offre et la demande, il faudrait injecter chaque année de 70 000 à 120 000 unités d’habitation dans le marché. Afin d’accélérer l’implantation de nouvelles demeures, la Housing Corporation (société de logement) favorise les projets de maisons préfabriquées, car ils sont rapides à mener.
La taille des projets résidentiels irlandais ressemble à ce que les entreprises canadiennes sont habituées de voir, contrairement à la Grande-Bretagne où certains projets comptent des milliers d’habitations. La Société canadienne d’hypothèques et de logement a tissé de bons liens avec les instances gouvernementales irlandaises. Les nouvelles règles d’isolation (portes, fenêtres et murs) sont plus strictes encore qu’en Grande-Bretagne, ce qui permet à certaines entreprises canadiennes de se démarquer. Aucune restriction n’existe pour la vente de maisons en bois, du moins actuellement.
Source : Société canadienne d’hypothèques et de logement Tableau : Les affaires