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CATALOGUE 2008 PROMOTIONS
Guy St-Laurent CÔTÉ
Alternance des couleurs et des crépis, volumes généreux, fenêtres ouvertes sur les Dents-du-Midi, la maison des Senaldi respire. Elle est adossée à une monumentale façade septentrionale en briques pleines, vrai travail d’artiste. La structure de cette demeure est importée du Canada, livrée par Modulex. «Mais ce n’est pas une maison en kit, ni un préfabriqué, explique la propriétaire. Elle a été construite sur mesure, avec le concours d’un architecte suisse.»
Les Senaldi ont donc adopté le style nord-américain, mais tout l’aménagement intérieur, les sanitaires, l’électricité ont été réalisés par des artisans du cru. Des Canadiens sont toutefois intervenus lors du montage de la structure, arrivée dans des conteneurs, puis pour la construction du mur en brique, qui exige un savoir-faire inconnu ici.
«Elles sont tellement plus pratiques! Avec des fenêtres suisses, il est impossible d’approcher sa table de la lumière ou de poser quelque objet que ce soit sur la tablette intérieure» explique en connaisseuse Suzanne Senaldi. L’attrait des maisons canadiennes tient aussi à ces détails de second œuvre. Dans la vallée de La Sagne (NE), Erwin et Lucette Schranz ont également succombé au charme d’une maison originaire de la Belle Province et sont restés fidèles aux accessoires d’origine livrés avec la structure : des fenêtres à guillotine qu’on retourne simplement pour frotter l’extérieur des vitres et qui ne volent pas au vent, des serrures de portes à poignées tournantes, une terrasse à colonnades très Nouveau-Monde, etc.
Après livraison, la maison a été habitable en trois mois, se rappelle Erwin Schranz. Un délai un peu plus long que prévu. Les artisans intervenus pour installer simultanément l’électricité, les sanitaires, la cuisine et les menuiseries intérieures n’ont pas toujours trouvé la coordination idéale.
Dans sa conception telle qu’elle a été imaginée sur son continent d’origine, la maison en kit est livrée en conteneur, sous forme d’éléments prêts à être assemblés. En quelques jours, les habitants s’y installent. Électricité, sanitaire, cuisine : tout est disponible dans le kit. «Ce système fonctionne toutefois seulement si le client accepte le modèle tel qu’il figure sur catalogue», explique Bernard Auberson, à l’unisson de tous ses confrères ou concurrents. Les Suisses s’y tiennent rarement, qui veulent «personnaliser» leur demeure, ajouter ici une ouverture, déplacer là une cloison, changer de porte ou d’escalier, adopter des fenêtres à battants plutôt qu’à guillotine, etc.
«Au départ, le client vient nous voir pour acheter une maison en kit, qu’il veut construire entièrement lui-même. À la fin du rendez-vous, neuf sur dix ont opté pour une maison terminée, qui sera montée avec l’aide de personnel de l’usine et dont les propriétaires assureront uniquement la finition intérieure.» C’est encore un argument montrant que la maison de série industrielle n’est guère adaptée à nos mœurs européennes et ce décalage pose un problème économique et logistique, dans la mesure où toute modification apportée au modèle de base contribue à renchérir le coût final de l’ouvrage et à compliquer la tâche du fabricant.
Financièrement, à la fin de l’opération, l’acheteur d,une maison canadienne «en kit» réalise encore une économie de l’ordre de 30% sur la structure de la maison, mais seulement de 5 à 15% sur le coût total de son achat en comparaison avec une construction d’origine indigène d’importance analogue. De l’autre côté de l’Atlantique, les constructeurs se sont penchés sur cette question et modulent leurs offres en fonction des desiderata européens. Les adaptations visent au minimum à rendre les produits conformes aux normes européennes de sécurité en matière d’électricité.