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DEVENIR DISTRIBUTEUR PROMOTIONS ET ÉVÉNEMENTS
Mélanie LAROUCHE
Son dynamisme n’a d’égal que son ambition. Et il parle de ses réalisations comme s’il s’agissait d’anecdotes parmi tant d’autres. Les affaires, Laurier Dechêne connaît ça comme s’il était tombé dedans quand il était petit. Si internet a ouvert au monde entier l’accès aux marchés internationaux, lui n’a pas attendu cette nouvelle technologie. S’il en est aujourd’hui à près de 20 000 maisons vendues dans plus d’une vingtaine de pays, l’exportation n’a cependant jamais été pour lui autre chose qu’un défit de plus dans ce merveilleux monde que sont les affaires. Mais sa priorité a toujours été et demeurera toujours la clientèle locale. De par sa fidélité et sa confiance, Laurier Dechêne lui voue une loyauté sans faille. Laurier Yves Dechêne a fait de Québec sa terre d’adoption en 1965. Natif de la région de Montréal, il arrive à Québec gonflé à bloc d’ambitieuses aspirations. Son père, Laurier, vendeur de maisons préfabriquées pour une compagnie ontarienne, venait de lui tendre la perche qui fera de lui l’homme d’affaires prospère qu’il est aujourd’hui en lui proposant de devenir distributeur pour cette compagnie. Le fils se donne pour mission de développer le territoire de la grande région de Québec, tandis que le père conserve la région de Montréal.
«Mais en 1968, je me suis lassé d’être au crochet de cette compagnie et j’ai décidé de devenir manufacturier de mes propres produits, raconte le fondateur de Modulex. J’ai démarré ma propre usine et mon père est devenu dépositaire pour moi, à Montréal. Mais au départ, il était contre mon idée de fabriquer moi-même mes maisons. Il disait que ça impliquait bien des complications que nous pouvions nous éviter en demeurant distributeurs. Mais moi, j’aspirais à davantage, je voulais contrôler à la fois le produit et sa distribution.»
À l’époque, la plupart des compétiteurs se limitent à la fabrication des murs et des divisions. Mais Laurier Dechêne ne lésine pas avec son produit, il bâtit entièrement toutes les composantes de ses maisons. «Je voulais endosser l’entière responsabilité de mes produits, ne pas avoir à chercher de midi à quatorze heures le maillon déficient dans la chaîne et devoir subir les conséquences des erreurs des autres, confie l’homme d’affaires aguerri. Et je voulais donner le choix au client de pouvoir assembler lui-même sa maison, facilement, ajoute-t-il. Moi, je suis bricoleur et c’est une option que je trouve très intéressante. C’est aussi très avantageux pour ceux qui cherchent à réduire les frais mais qui désirent une garantie de qualité.»
Les maisons Modulex deviennent rapidement très en demande et le marché local offre des possibilités de croissance intéressantes à l’entreprise. La satisfaction de la clientèle se transmet de bouche à oreille et l’intérêt pour les maisons préfabriquées Modulex a tôt fait de faire boule de neige. La gamme de produits prend également de l’expansion. L’entreprise domine le marché sans trop de difficulté. En 1978, Modulex ouvre un bureau en Californie, et l’année suivante, un autre en Argentine. «À Québec, nous devions interrompre nos affaires durant l’hiver, faute de marché, explique M. Dechêne. Aller chercher d’autres marchés ouverts pendant cette période nous permettait de rentabiliser les activités tout au long de l’année.» Pour Laurier Dechêne, l’exportation constitue un défi stimulant. «C’était un peu risqué, mais c’était des risques bien calculés tout de même!»
L’exportation a rapidement pris de l’ampleur au sein des activités de Modulex à la suite de ces premières expériences qui ont connu le succès escompté. Aujourd’hui, Modulex exporte plus de 75% de sa production dans 22 pays à travers le monde. Et comme elle le fait pour sa clientèle locale, elle devient aussi très flexible pour sa clientèle internationale. «Nous adaptons notre produit aux différents besoins, explique Laurier Dechêne. Selon le pays, les maisons peuvent être à l’épreuve des termites, des tremblements de terre ou des typhons.» Des acrobaties, M. Dechêne a souvent dû en faire pour maintenir sa présence sur ces marchés. «Au début des années 1980, j’ai beaucoup fait jaser avec mes crevettes de l’Argentine, relate-t-il. L’exportation n’est pas toujours facile. Avec l’Argentine, nous en étions venus au troc entre 1980 et 1982. Ils m’offraient des crevettes en échange de mes maisons. Et en Israël, j’ai dû en venir à offrir des prêts hypothécaires. Pour exporter, il faut parfois faire preuve d’audace et de créativité. Mais je peux vous assurer une chose, avec les années, je suis devenu spécialiste dans la façon de me faire payer. Peu importe l’envergure de la commande ou l’étroitesse des relations commerciales entretenues avec l’un ou l’autre de ces pays, je m’arrange toujours pour être payé, c’est ça le vrai sens des affaires. Chaque pays est différent, dans certains d’entre eux, il existe de bonnes institutions bancaires, et dans d’autres, c’est moins évident. C’est pour cette raison qu’il faut se faire payer d’avance. Mais en ce qui concerne les risques d’être copié, c’est plus difficile à contrôler. La Chine m’a bien eu à ce chapitre.» Des expériences, des anecdotes, parfois bonnes, parfois moins bonnes, même cocasses dans certains cas, Laurier Dechêne en à la tonne, et il n’est pas avare de les partager.
Au cours des années, M. Dechêne a vu près d’une cinquantaine de compétiteurs ouvrir et fermer leurs portes autour de lui. «J’ai toujours donné priorité au marché local et il me l’a toujours bien rendu, souligne-t-il. Même si l’exportation compte pour la majeure partie de notre chiffre d’affaires, elle ne représente, pour nous, que le glaçage sur le gâteau, parce que le marché local est notre base.» «Un client est venu acheter sa cinquième maison Modulex la semaine dernière, un autre en était à sa première mais il avait toujours grandi dans une maison Modulex. Il voulait perpétuer la tradition de qualité et de confort que nous offrons et qui s’est installée il y a plusieurs années au sein de sa famille», confie-t-il, pour appuyer ses dires. Dans l’industrie, Laurier Dechêne a toujours cherché à devancer la concurrence afin de conserver sa longueur d’avance sur le marché. «Nous laissons la compétition nous rejoindre, ensuite nous jouons une autre carte pour maintenir notre avance, c’est très excitant les affaires vous savez!» de dire ce passionné qui entrevoit difficilement l’heure de la retraite. Et pour relever le défi de l’avant-gardisme, Modulex s’est toujours fait un devoir de participer à toutes les expositions organisées par l’industrie. «Nous avons développé de nombreuses relations d’affaires par le biais de ces événements, précise-t-il. Et à ce sujet, je peux vous dire qu’au cours de l’Expo Habitat de février prochain, à Québec, Modulex fera beaucoup jaser!»
Fort réputée pour la qualité de ses produits mais aussi pour son service après vente, Modulex s’est taillé une réputation for enviable dans son secteur d’activité. «Nous ne sommes jamais tombés dans le même piège que les compétiteurs en coupant sur les prix et, du coup, sur la qualité du produit, souligne l’entrepreneur. Nous ne faisons aucun compromis sur la qualité. Une réputation, c’est précieux. Ça se gagne lentement à travers les années, mais à l’inverse ça peut se perdre très rapidement. Si les clients nous demeurent fidèles après tant d’années, c’est que nous les avons bien servis. C’est ma philosophie de gestion et elle s’est avérée très rentable.»
Depuis plusieurs années, Laurier Dechêne caresse le rêve d’offrir des projets clés en main pour la construction d’hôpitaux, un produit qui, selon son instigateur, pourrait convenir à merveille à certains pays ou régions moins populeuses. «J’ai réussi à regrouper différentes expertises autour de ce projet, des architectes, des ingénieurs et d’autres spécialistes qui forment ensemble une équipe multidisciplinaire très compétente. J’estime que dans environ six mois, nous serons fin prêts à lancer ce nouveau produit. Je me suis fixé pour objectif d’en vendre un au cours de l’année 2003, et deux ou trois les années suivantes», explique le visionnaire. Aussi, à son usine de production située à Val-Alain, non loin de Québec, M. Dechêne envisage d’apporter le soutien de deux nouvelles usines, une en Asie et une autre aux États-Unis. «Nous devrions être en mesure d’ouvrir ces deux usines d’ici un an», précise-t-il. Donc, une bonne croissance en perspective!
Il y a cinq ans, Martin Dechêne, 29 ans, a joint les rangs de l’entreprise paternelle. «Je suis évidemment très fier de sa décision, souligne avec enthousiasme Laurier Dechêne. Il est non seulement très qualifié pour accomplir son travail, mais il a l’attitude d’un excellent homme d’affaires. Il a véritablement un don pour développer des relations avec les gens, pour les mettre en confiance et bâtir quelque chose de solide avec eux. Il m’étonne à chaque fois !»
Membre fondateur du Club Optimiste de L’Ancienne-Lorette, membre du conseil d’administration d’Opération Enfant Soleil, très actif aussi au sein du comité exécutif de la Bougie du Carnaval et de l’organisation de la Croix Rouge à Québec, en plus d’être très impliqué dans l’industrie de la construction, Laurier Dechêne admet puiser dans ces causes sociales un grand plaisir et de précieux liens d’amitié. «J’aime beaucoup rire, et ces associations regroupent bien souvent des gens qui partagent cette même vision de la vie, des gens positifs et dynamiques. À leur contact, je m’énergise! Je n’ai pas beaucoup de temps à leur consacrer, mais c’est du temps de qualité», souligne le sympathique homme d’affaires. NOTE : M. Yvan Caron est le président du comité assurant la sélection des personnalités que vous retrouverez dans le cadre de cette rubrique.