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DEVENIR DISTRIBUTEUR PROMOTIONS ET ÉVÉNEMENTS
Par Robert Filion
« Le secret de nos maisons et de leur succès partout dans le monde, c’est la qualité! »
À Québec, le boulevard Hamel emprunte les traces d’un vieux chemin qui, aux limites de la ville, longeait la rivière Saint-Charles pour traverser le quartier Les Saules. Avec le développement et l’expansion urbains, il est devenu une sorte de boulevard industriel où l’on trouve de tout : un cimetière, des motels et des concessionnaires. Il y a plus de quarante ans, Modulex fut le premier à s’y installer pour y vendre ses maisons. Aujourd’hui, l’entreprise prospère toujours et connaît de nouveaux sommets de croissance.
Les bureaux de Modulex sont sans prétentions, et ce, malgré les nombreuses plaques souvenirs commémorant les prix accumulés au fil des ans. Dans le bureau de M. Dechêne, les souvenirs de famille, les documents et les projets en cours laissent à peine la place pour se tirer une chaise. Sur les murs, on aperçoit aussi des cartes du monde où divers pays sont épinglés comme points stratégiques.
Début soixantaine, le président de Modulex, Laurier Dechêne, a le cheveu plus rare qu’à l’époque où les journaux faisaient systématiquement état de ses succès. Mais l’homme est resté mince, et a surtout su garder le caractère rieur et jovial qui le distingue, l’esprit du vendeur-né.
Il a grandi à Montréal et a fait ses études secondaires à Kingston, en Ontario, ce qui lui a permis de devenir parfaitement bilingue. Une partie de son adolescence se passe au sein des cadets de l’armée canadienne, à titre de lieutenant-colonel, où il est en charge de 500 cadets au high school. C’est à cet endroit qu’il acquiert le sens de l’effort et de la discipline, et où il rêve de voyager pour découvrir le monde. Afin d’y parvenir, il souhaitait devenir ingénieur minier. Du moins, il croyait sincèrement que c’était la meilleure façon de réaliser son rêve.
Au début de la vingtaine, pour payer ses études d’ingénieur, il décide de suivre les traces de son père et le rejoint au sein d’une compagnie ontarienne, Colonial Homes, qui vendait des maisons, principalement des chalets pré-usinés. En quelques années à peine, le jeune Laurier Dechêne travaille si bien et en vend tellement, qu’il comprend qu’il a trouvé sa voie et oublie ses études d’ingénieur. Le succès l’avait attrapé.
De 1965 à 1967, les Dechêne sont distributeurs des produits Colonial Home; le père pour la région de Montréal et Laurier pour l’est du Quéec. Mais rapidement, ils ont de la difficulté à répondre aux besoins des clients et à bien les desservir. À la fois, parce que le produit ontarien a été conçu d’abord pour des chalets, mais aussi parce qu’ils sont animés par la volonté de donner un service impeccable et de meilleure qualité. Le père et le fils opteront alors pour l’éventualité d’acquérir leur propre usine, ce qu’ils feront en 1967 : une usine de fabrication de portes et fenêtres, et d’armoires en pin noueux.
Ce sont les débuts de Modulex qui, aujourd’hui, appartient à Laurier Dechêne et à son fils Martin, âgé de 33 ans. Située à Val-Alain, près de Québec, l’usine emploi 80 à 125 personnes, selon les périodes, et fabrique, bon an, mal an entre 400 et 600 maisons et de nombreux produits, dont des cuisines sur mesure. En tout, c’est plus de 20 000 maisons que Modulex a fabriquées depuis ses débuts.
« Nous avons toujours misé sur la qualité et avons investi énormément pour constamment améliorer nos maisons, déclare le président Laurier Dechêne. Dès nos débuts, nous avons été avant-gardistes, faisant passer nos structures de bois de deux par quatre, à deux par sept puis à deux par huit. Nous nous assurons constamment de bénéficier de matériaux de toute première qualité, particulièrement en ce qui concerne le bois. Il est très important pour nous qu’il n’y ait pas de torsion, car la qualité de notre produit explique pourquoi nos clients nous en réfèrent d’autres. Nous avons ainsi développé des processus rigoureux de satisfaction de la clientèle qui font en sorte que ce sont de 60% à 65% de nos clients qui nous sont référés. »
« Un jour, un jeune homme se présente ici et me dit : "Je viens acheter ma maison Modulex; mon père en possède une, mon oncle en a une et j’ai été conçu dans une maison Modulex, il n’est pas question que j’achète autre chose". L’exemple est un peu unique, mais il illustre bien que plusieurs de nos clients nous sont référés. En effet, lorsque ceux-ci ont connu le confort et la qualité de nos maisons, ils deviennent des promoteurs et des préconisateurs de notre produit. »
« Tout à fait, mais d’abord, notez que nous travaillons prioritairement à satisfaire notre clientèle locale, celle que nous desservons ici au Québec. Les exportations, c’est un plus dans nos revenus. Certaines années, cela représente 10% de notre production et à d’autres époques, cela a pu constituer 70% de notre production. Mais, encore une fois, nous fabriquons des maisons d’abord pour les gens d’ici, en leur offrant un produit sur mesure qu’ils peuvent modifier à volonté et où nous pouvons les accompagner s’ils veulent se lancer dans l’autoconstruction.
Au début, nous voulions occuper et offrir une stabilité d’emploi à nos travailleurs, poursuit M. Dechêne. Et, comme au Québec nous construisons l’été, nous nous étions dit que l’hiver, nous pourrions construire pour la Californie et puis pour l’Argentine, ces pays étant en été lorsque nous sommes en hiver. Cela a commencé ainsi…
Un jour, quelqu’un en Allemagne voulut diversifier ses produits en offrant une maison de bois conçue au Canada. Il apprit qu’en Argentine on importait des maisons du Canada; c’est ainsi que nous fûmes chaleureusement recommandés par notre client argentin qui vantait nos mérites et les qualités de notre produit. De fait, sur les marchés étrangers, le défi consiste souvent à introduire une première maison ou une première série de maisons. Une fois cette étape franchie, nous sommes en mesure de démontrer les qualités de notre produit, et des gens peuvent en témoigner et nous recommander. »
« Effectivement, et même aux États-Unis oz nous sommes très présents, la tradition est de construire en pierre, mais une fois que les gens ont essayé nos maisons, ils les adoptent, car elles sont extrêmement confortables. Les maisons Modulex, comme la plupart des maisons québécoises, sont extrêmement efficaces au plan énergétique ; nous n’avons qu’à penser aux normes Novoclimat. Elles le sont face au froid et par conséquent et pour les mêmes raisons, sous la chaleur puisqu’elles peuvent tout aussi bien garder la chaleur à l’intérieur qu’à l’extérieur. »
Je suis toujours très confiant et d’un naturel optimiste, me dit en souriant Laurier Dechêne. Nous avons toujours plein de projets, ici et à l’étranger, dont un majeur que nous devrions annoncer prochainement. Notre marché évolue sur des cycles de dix ans, il faut savoir les anticiper, se dire que cela ne peut pas aller mal partout afin de diversifier nos stratégies, nos projets. Bref, il faut constamment innover, en faisant confiance à la vie.
Aujourd’hui, mon fils Martin prend la relève petit à petit. Présentement, il voit au marketing et au développement de projets, son collègue de la même génération, Nicolas Auger, âgé de 35 ans dirige de manière efficace l’usine et tous deux d’entendent parfaitement. Moi, eh bien, j’essaie de jouer un peu plus au golf. Cette année je me suis offert 17 parties! Il y a 20 ans, je me permettais à peine deux parties par saison. »