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DEVENIR DISTRIBUTEUR PROMOTIONS ET ÉVÉNEMENTS
Propriété, Octobre 2005
Mensuel suisse de l’économie immobilière de l’habitat et du chez-soi
Jean-Pierre Bommer
Des arbres qui rentrent d’un côté de l’usine, des éléments prêts au montage qui sortent de l’autre : il faut avoir vu l’usine de la société québécoise Modulex pour apprécier la maîtrise par les canadiens de la production de maisons en pièces détachées, qui sont ensuite envoyées par containers dans le monde entier. Dans le monde, mais en Suisse également. Partenaire de Modulex, l’agence nyonnaise Sévy Sa a importé 45 maisons à ossature bois canadienne au cours des deux dernières années. Cinq d’entre elles ont été entièrement montées par leurs propriétaires. Les autres acheteurs ont sollicité l’aide d’une équipe de monteurs spécialisés.
Le montage par des «amateurs» est rendu possible par le fait qu’aucune pièce ne pèse plus de 150 kilos et peut être manipulée par deux personnes. Le kit comprend le toit, les parois, les dalles entre les étages, les séparations de chambres, les portes et fenêtres. Trois personnes en bonne condition physique, un modeste échafaudage ou un petit camion-grue – et vogue la galère.
Quelques jours plus tard se dresse une maison, choisie dans un catalogue de plus de mille modèles, et dont les plans ont été préalablement signé par un architecte suisse – mise à l’enquête oblige – moyennant un honoraire de 2 500 francs environ. Au prix d’achat du kit s’ajoute celui des équipements de cuisine et sanitaires, l’aménagement de la cave et, le cas échéant, la mise en crépi de toute ou partie de la façade. Mais le crépi se fait de plus en plus rare. Outre le prix favorable, le fait d’habiter une maison en bois est la principale motivation des amateurs de kit. Inspirée des maisons à colombage, la demeure à ossature bois répond entièrement aux exigences de la construction moderne et durable. Les façades peuvent être bardées de planches placées verticalement, horizontalement ou en oblique.
Les parois murales sont recouvertes de panneaux de bois aggloméré, laissé à l’état brut ou vernis en différentes couleurs. Il est aussi possible de marier les revêtements de bois avec du crépi, des briques, des ardoises ou autres effets en façade. À quoi s’ajoute le fait que le bois est un régulateur hydrométrique et thermique naturel. Il absorbe l’humidité en hiver et la restitue en été.
Enfin, le bois nécessite six fois moins d’énergie pour sa mise en œuvre que le béton. Il favorise un haut degré d’isolation thermique et permet de réaliser, grâce à l’utilisation de la pompe à chaleur notamment, jusqu’à 50 % d’économie d’énergie en comparaison des constructions traditionnelles.
Mais c’est le prix qui constitue la principale motivation des acheteurs de maisons en kit. Même si les producteurs européens et suisses de maisons préfabriquées ou à ossature bois commencent à se rapprocher des barèmes nord-américains, les Canadiens gardent le haut du pavé en termes de coût.
A l’exemple de la villa Louisane, d’une surface habitable de 169 mètres carrés répartis sur deux étages. La maison livrée en containers par camion sur le terrain de l’acheteur coûte 195 000 francs. Il faut y ajouter le radier ou le sous-sol en béton (respectivement 25 000 et 45 000 francs environ), le déchargement des containers et toutes les finitions : électricité, sanitaire, cuisine, chauffage, etc. En cas de montage du kit par une équipe de menuisiers suisses, ce prix de base augmente de 50 000 à 60 000 francs environ. Remise clé en mains, entièrement montée et équipée en l’espace de 6 mois, finitions et excavation comprises, la villa revient à près de 500 000 francs. A comparer aux quelques 640 000 francs facturés pour une villa comparative en construction traditionnelle ou ossature bois suisse.
Quelle que soit la solution choisie, il faut encore financer l’achat du terrain, les frais de notaire (5 % du prix du terrain), les taxes et aménagements extérieurs (40 000 à 60 000 francs), les intérêts intercalaires, les assurances RC et travaux de construction.