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TPS : LE COÛT DES MAISONS HAUSSERA DE 2,2 %

LA VOIX DE L'EST, 22 OCTOBRE 1990

LE PRÉSIDENT DE L’APCHQ ASSURE QUE C’EST LE TEMPS OÙ JAMAIS D’ACHETER

Malgré les taux d’intérêt plus élevés et l’entrée en vigueur de la TPS, le moment n’a jamais été aussi favorable pour les consommateurs qui souhaitent construire un immeuble résidentiel. Présent à une soirée de l’Association des constructeurs d’habitation du Québec de la Haute-Yamaska, le président provincial, Laurier Dechêne, a indiqué en effet que « les entrepreneurs  sont aujourd’hui plus conciliants. Ils gèlent leurs prix avec la TPS ».

D’après ses propres estimations, qui diffèrent de celles du gouvernement fédéral, l’APCHQ allègue pourtant que malgré une ristourne équivalant au tiers du taux de la TPS, pour les constructeurs inférieures à 350 000 $, l’impact de la nouvelle taxe se traduira par une hausse de 2,2 % de leur coût. « Ce sont des marges difficiles pour l’accession à la propriété », note M. Dechêne en rappelant que 54 % des Québécois sont propriétaires contre 62 % ailleurs au Canada. « Il s’agit malgré tout du meilleur temps pour signer un contrat de construction pour une personne dont l’emploi n’est pas menacé », poursuit M. Dechêne. « Dès la reprise, on assistera à une augmentation phénoménale puisque les entrepreneurs vont reprendre le temps perdu », prévient-il. « Contrairement à l’habitude, il n’y a pas eu d’augmentation du coût de l’automne ».

Après avoir constaté que la fin de l’année ’90 s’avérait particulièrement difficile pour les constructeurs d’habitation, M. Dechêne croit que la reprise viendra au milieu de 1991. Les mises en chantier pour le copropriétés ou les maisons unifamiliales ont chuté de 40 % depuis juillet, selon les données de l’APCHQ, après les six premiers mois de 1990, qualifiés de « phénoménaux ». Mais on souligne toutefois que cette performance remarquable a été réalisée par l’industrie à cause des contrats de construction déjà signés à la fin de l’année précédente, qui était elle-même exceptionnellement bonne. Mais les signatures sont faibles aujourd’hui, disent les statistiques de l’APCHQ.

Le Québec a connu 49 000 mises en chantier en 1989, mais il y en aura 8 000 de moins cette année. Les prévisions pour 1991, qui concordent avec celles de la Société centrale d’hypothèques et de logements, annoncent 38 000 mises en chantier.

Considérant les tendances du marché, que reflètent les goûts de la génération suivant celle du baby-boom, M. Dechêne soutient d’ailleurs que les constructions résidentielles devraient à l’avenir se stabiliser à ce niveau.

Pierre Dupuis

Granby